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Le dialogue structuration cognitive

La démarche consiste à identifier des stratégies cognitives à partir d’indices observés, à les rendre conscientes chez la personne (l’enfant, le jeune, l’adulte), à en vérifier la stabilité dans différentes situations, puis à en accompagner le transfert et l’appropriation.

Ce dialogue suite une procédure rigoureuse en huit étapes.

Procédure d’identification et de stabilisation des stratégies cognitives

1. Repérage par indices convergents

Recueil d’indices comportementaux et cognitifs observés en situation.

  • Accumulation d’au moins trois indices distincts
  • Idéalement issus de contextes variés
  • Objectif : formuler une hypothèse de stratégie cognitive

⚠️ À ce stade : hypothèse uniquement (pas de validation)


2. Mise en explicitation (accès à la conscience)

Interrogation de la personne (enfant, jeune, adulte) visant à rendre explicite son fonctionnement.

  • Questions ouvertes, non suggestives
  • Ex :
    • “Comment tu fais pour… ?”
    • “Qu’est-ce qui t’aide ?”
    • “Comment tu sais que c’est bon ?”

Conditions :

  • niveau de conscience suffisant
  • capacité langagière minimale

Objectif : vérifier si la stratégie est accessible à la verbalisation


3. Validation par ancrage expérientiel

Recherche, avec la personne (enfant, jeune, adulte) de situations antérieures où la même stratégie a été mobilisée.

  • Identification d’au moins une occurrence passée explicite
  • Co-construction du souvenir (avec accord de l’enfant)
  • Vérification de la stabilité de la stratégie dans le temps

Objectif : confirmer que la stratégie n’est pas contextuelle ou accidentelle


4. Mise en contraste (différenciation stratégique)

Présentation d’une situation où une autre stratégie a été utilisée.

  • Comparaison entre les deux modes de fonctionnement
  • Question centrale : “Qu’est-ce qui fait que tu utilises l’une plutôt que l’autre ?”

Objectifs :

  • affiner la compréhension
  • développer la discrimination cognitive
  • éviter la surgénéralisation

5. Variation contextuelle (test de robustesse)

Modification des paramètres de la tâche pour tester la transférabilité.

  • Changement de consigne, support ou contexte
  • Observation :
    • maintien de la stratégie
    • ou adaptation

Objectif : évaluer la flexibilité et la robustesse


6. Projection (anticipation d’usage)

Invitation à identifier des situations futures d’utilisation.

  • “Quand pourrais-tu utiliser cette façon de faire ?”
  • “Dans quelles situations ça t’aiderait ?”

Objectif : amorcer le transfert volontaire


7. Mise en pratique autonome

Expérimentation par la personne (enfant, jeune, adulte), dans ou hors séance.

  • contexte guidé ou autonome
  • possibilité de transfert à l’école ou à la maison

8. Retour d’expérience (retex)

Analyse réflexive après utilisation.

  • “Qu’est-ce qui a marché ?”
  • “Qu’est-ce que tu as changé ?”
  • “Est-ce que c’était comme prévu ?”

Objectifs :

  • consolidation
  • ajustement
  • stabilisation de la stratégie

Logique globale du processus

👉 Passage progressif :

  • de l’implicite → explicite
  • du contextuel → stable
  • du subi → volontaire
  • du ponctuel → transférable

Ce qui fait la force de notre méthode

  • validation par convergence d’indices
  • accès à la conscience de la personne (enfant, jeune, adulte)
  • ancrage dans le vécu réel
  • comparaison (rare et très puissante)
  • projection + retex (boucle complète)