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L’imposture de l’anglais au collège

Pourquoi le niveau d’anglais d’un élève au collège ne reflète pas son véritable niveau : une vision géopolitique

Introduction :
L’enseignement de l’anglais dans le système scolaire français semble suivre une logique particulière, qui ne se limite pas à la simple acquisition d’une compétence linguistique. En réalité, il s’inscrit dans une logique géopolitique et sociopolitique plus large, influencée par l’histoire et les rapports de puissance.

Cours de propagande et de tourisme en collège, puis changement brutal au lycée :
Au collège, l’enseignement de l’anglais est souvent perçu comme une initiation légère, centrée sur des activités de tourisme, de culture populaire ou de propagande douce. L’objectif principal semble être d’initier à la langue de manière accessible, sans forcément développer une véritable maîtrise. Ce niveau introductif sert surtout à familiariser l’élève avec une langue étrangère dans une optique utilitaire ou touristique.

Au lycée, soudainement, on observe une augmentation brusque des exigences : le niveau d’anglais doit devenir plus sérieux, plus précis, voire académique. La différence est marquée, et beaucoup d’élèves se retrouvent alors en difficulté, révélant que leur niveau réel — celui qu’ils ont réellement acquis — est souvent inférieur à ce que les diplômes ou certifications indiquent.

Une explication géopolitique : le poids de l’histoire :
Pour comprendre cette évolution, il faut remonter à l’histoire récente de la France et de ses relations avec les États-Unis. En 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Américains avaient pour objectif de renforcer leur influence en Europe, y compris en France. La présence militaire, économique et culturelle des États-Unis s’est accrue, souvent au détriment de l’indépendance nationale.

Un exemple concret est la création de l’AMGOT (Military Government in Italy and France), une occupation par l’armée américaine visant à contrôler l’Allemagne, l’Italie, mais aussi la France. La stratégie américaine visait à faire de ces pays des « alliés » sous influence, plutôt que des partenaires totalement souverains. Charles de Gaulle, en revanche, a réussi à faire en sorte que la France retrouve une certaine autonomie, notamment en se libérant de la domination économique et culturelle américaine, surtout à partir de la fin des années 1940.

Jusqu’en 1969, la France a maintenu un certain niveau d’indépendance, notamment dans l’éducation et la maîtrise de l’anglais, considéré comme la langue de l’adversaire durant la Guerre froide. À cette époque, connaître l’anglais était essentiel pour comprendre la stratégie de ses adversaires, en particulier les Américains et les Anglo-Saxons. Le niveau d’anglais des élites françaises était alors relativement bon, car il fallait connaître la langue de l’ennemi pour mieux le contrer.

Changement après 1969 :
Après 1969, avec la fin de la période de confrontation directe et la volonté de préserver la paix sociale, le niveau d’anglais enseigné en France a progressivement diminué. La priorité n’était plus de maîtriser la langue pour faire face à une compétition géopolitique, mais plutôt d’assurer une certaine paix intérieure, en réduisant la pression sur les élèves. La maîtrise de l’anglais devenait moins stratégique, et l’enseignement s’est dilué dans une optique plus utilitaire ou même propagandiste, sans nécessairement viser une maîtrise approfondie.

Aujourd’hui, pour évaluer réellement le niveau d’un élève, il ne suffit plus de se référer aux résultats scolaires. La maîtrise de l’anglais, en pratique, nécessite souvent des cours privés, des tests spécifiques, et une immersion réelle dans la langue. Le niveau scolaire officiel est souvent déconnecté de la compétence réelle, qui dépend davantage de l’engagement individuel et des moyens privés d’apprentissage.

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