Addiction : un problème de posture ?

L’addiction au jeu, certains jeunes (et moins jeunes) y succombent, ou flirtent avec. Parmi les éclairages que nous pouvons apporter sur le plan cognitif, je parlerai ici de celui des trois postures (spectateur, acteur, metteur en scène).

L’addiction au jeu, c’est quand nous sommes tombés dans un piège, dans une forme sournoise d’immobilisme.
Pourquoi sournoise ? Parce que l’on ne s’en rend pas compte.
Pourquoi immobilisme ? Parce que l’on ne fait plus qu’une seule chose, jouer.
On a l’impression de décider de jouer, alors que c’est le jeu qui prend peu à peu les commandes de notre vie.
Face à ce danger, qu’aurions-nous pu faire ? Nous aurions pu le fuir, nous aurions pu l’affronter. 

Nous retrouvons alors la réponse combat-fuite, présentée par le physiologiste états-unien Walter Bradford Cannon (1871-1945) : face à un stress, un animal fuit ou se bat. Dans un modèle d’explication plus élaboré, il s’immobilise, il fuit ou il combat. Pour mieux mémoriser ces trois attitudes, un professeur ou un élève a trouvé un moyen mnémotechnique en anglais : 3 F.
Un F pour freeze, geler, donc rester immobile.
Un F pour flee, fuir.
Un F pour fight, se battre.

Nous retrouvons alors nos trois postures noématiques, spectateur pour l’immobilisme (freeze) et acteur et metteur en scène pour les deux autres. Qui est quoi ?
Le combat me semble une forme plus complexe d’activité que la fuite : il nécessite une combinaison de plusieurs êtres et plusieurs choses, ce qui est typique de la mise en scène.
Aussi je pencherais pour :
– la fuite comme posture d’acteur  ;
– le combat comme posture de metteur en scène.

Peu importe, ce qui nous intéresse ici, c’est l’immobilisme que je relie ainsi à la posture de spectateur. Sauf que c’est une posture de spectateur en excès, ou mal comprise.

Peut-être l’addiction au jeu cherche-t-elle à compenser une posture d’acteur déficitaire : la personne ne se l’accorde nulle part ailleurs dans sa vie, aussi ce besoin cognitif méprisé prend le pouvoir et accessoirement sa revanche.
Peut-être est-ce un besoin mal compris : la personne confond réceptivité avec passivité.
Peut-être est-il en excès : une mise à l’écart temporaire (fuite = posture d’acteur) pourra être une solution, ou un affrontement dans un modèle plus vaste (combat = posture de metteur en scène) offrira une autre piste d’actions.

Il sera intéressant dans tous les cas de rechercher quelles sont les postures cognitives que la personnes adopte habituellement. Cela apportera un éclairage inattendu sur le sujet.


D’autres pistes existent, comme celles reprenant chacune des neuf familles des 32 éléments de base de la pensée (ou les 32 joyaux, voir : https://amzn.to/38ObXBm) dont la piste des quatre besoins bestiaux/instinctifs, ou la recherche fondamentale de l’unité perdue.
Et ce n’est que sur le plan cognitif !…

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